lundi 10 août 2009

Le nouveau bureau exécutif du PSD

BUREAU EXECUTIF NATIONAL DU PARTI SOCIAL DEMOCRATE

N° Fonctions Noms


01 Président AMOUSSOU Bruno
02 1er Vice Président GOLOU Emmanuel
03 2ème Vice Président AGBANGLA Eusèbe
04 3ème Vice Président TARO CHABI ADAM Bintou
05 4ème Vice Président DEGBEY Jocelyn
06 5ème Vice Président SOHOUNHLOUE Coco Dominique
07 Secrétaire Général MONTCHO Théophile
08 Secrétaire Général Adjoint SOGADJI Alphonse
09 Trésorier Général GANGNITO Patrice
10 Trésorier Général Adjoint DANDOGA Nicolas
11 Secrétaire National à la Formation Politique TCHOKODO Gabriel
12 Secrétaire National Adjoint à la Formation Politique DEGBEKO .A.F. Richard
13 Secrétaire National à l’Organisation GBOLIN Basile
14 Secrétaire National Adjoint à l’Organisation SOSSOUKPO Léopold
15 Secrétaire National aux Relations Extérieures BIAOU Olouchègoun Judicaël
16 Secrétaire National Adjoint aux Relations Extérieures IKO AFE Carole
17 Secrétaire National aux Relations Internes HOUINOU Clément
18 Secrétaire National Adjoint aux Relations Internes SEWA Joachim
19 Secrétaire National à la Communication HOUNGBEDJI Stanislas
20 Secrétaire National Adjoint à la Communication BEO AGUIAR Didier Céphise
21 Secrétaire National aux Affaires Sociales et Culturelles AFOUDA Clotilde
22 Secrétaire National Adjoint aux Affaires Sociales et Culturelles MANGAZI Fousséni
23 Secrétaire National à l’Organisation des Femmes TOUKOUROU Rissicatou
24 Secrétaire National Adjoint à l’Organisation des Femmes
DATO Victorine
25 Secrétaire National à l’Organisation des Jeunes
SOSSOU Casimir
26 Secrétaire National Adjoint à l’Organisation des Jeunes AHYI Jocelyn
27 Secrétaire National à la Décentralisation et aux Relations avec les Elus Locaux AKAKPO Paul
28 Secrétaire National Adjoint à la Décentralisation et aux Relations avec les Elus Locaux MOUTOUAMA Barthélémy
29 Secrétaire National aux relations avec les Organisations Sociales TOSSOU Gabriel
30 Secrétaire National Adjoint aux relations avec les Organisations Sociales SETOUKPATIN Appolinaire
31 Secrétaire National aux Elections EDAYE Jean Baptiste
32 Secrétaire National Adjoint aux Elections HOSSOU Nestor
33 Secrétaire National aux Relations avec la Diaspora ALLAVO Gino
34 Secrétaire National Adjoint aux Relations avec la Diaspora d’ALMEIDA Laurence


Présidents de Commissions Centrales

35 Plan Economie et Finances SOVISSI Simon
36 Production Environnement et Echanges SABI Sabidaré Daniel
37 Affaires Sociales, Culturelles, Jeunesse et sport HOUNNOU Martial
38 Politique Générale, Affaires Etrangères et Défense AHOLOU Jean
39 Loi et Règlement des Litiges MAGNIDE Michel
40 Formation, propagande et communication TOGNIGBAN Etienne
41 Réformes administratives et institutionnelles MONGUEDE Appolinaire

Discours d'ouverture du Congrès du PSD

Au nom des militants du Parti Social Démocrate ici réunis en congrès et des membres de sa direction, je vous remercie de nous honorer de votre présence et de venir ainsi nous soutenir et nous encourager dans la dure bataille que nous menons, depuis deux décennies, au côté de notre peuple et de ceux d'autres contrées d'Afrique et du monde.
Cette marque d'attention n'est en réalité que la manifestation de la convergence de notre engagement à agir dans la société pour en améliorer les règles de fonctionnement et surtout pour y faire triompher la solidarité que menacent chaque jour l'égoïsme, la compétition débridée, la gloutonnerie matériel et la vacuité spirituelle.
Dans un monde où la nécessaire compétition n'a plus d'autres finalités que la mise à mort des plus faibles et l'engraissement continu et sans limite des plus forts, en cette période où le producteur s'appauvrit alors que le spéculateur financier et commercial s'enrichit, il est heureux de découvrir des femmes et des hommes qui ne recherchent pas seulement l'accumulation et l'exhibition des seuls biens matériels mais oeuvrent pour la promotion de valeurs qui distinguent l'espèce humaine des autres êtres vivants.
Nous sommes donc heureux de pouvoir dialoguer avec vous, dans la reconnaissance et le respect par conséquent des différences, afin de découvrir ce qui nous empêche d'emprunter les chemins du progrès et ce qui nous ramène toujours• à la case de départ chaque fois que nous pensons avoir pris l'envol.
Merci donc de venir nous aider, par vos messages et vos suggestions, à revisiter notre propre parcours afin de mieux contribuer, à vos côtés, à la définition et à la promotion d'une nouvelle politique que nos populations appellent de leurs vœux.
Camarades congressistes et chers amis,
Depuis notre dernier congrès, bien des évènements ont façonné le contexte dans lequel nous avons évolué, tant au plan international que national. Parmi les plus marquants, nous voudrions retenir les questions relatives à la sécurité qui ont acquis une nouvelle dimension depuis l'attaque terroriste du Il septembre 2001 aux Etats Unis. Cet évènement, d'une gravité extrême, a malheureusement servi parfois de prétexte à l'interventionnisme de plus en plus marqué des grandes puissances et mis à mal le développement économique de bien des Etats à travers le monde. L'occupation de l'Irak en est un exemple.
Durant la même période, nous notons des progrès sensibles dans le renforcement de la coopération entre les pays développés qui ont réussi à éliminer les foyers de tension qui les opposaient au siècle passé. De ce point de vue, la construction de l'Europe constitue un évènement majeur qui façonne l'espace planétaire et modifie de façon profonde la géopolitique mondiale. '
Un nouvel ordre mondial s'établit sous nos yeux. De gré ou de force, tous les pays du monde participent à une gouvernance planétaire, les uns l'orientant en fonction de leurs intérêts et les autres la subissant sans réaction comme l'actuelle crise financière le confirme. Dans ce contexte, l'Afrique ne donne malheureusement que de très faibles signaux d'une prise de conscience qui ouvrirait de réelles perspectives de développement.
Plus particulièrement dans notre sous région, chaque pays s'enferme dans ses frontières et croit pouvoir trouver des solutions à ses difficultés. La salutaire intégration politique n'est nullement à l'ordre du jour des débats politiques alors qu'elle seule peut nous ouvrir les portes du développement dans ce monde dominé par de grands ensembles économiques et politiques.
Dans notre pays, la situation actuelle n'est donc pas une fatalité mais le résultat de l'action des animateurs de la vie publique que nous sommes. Ces dernières décennies, notre peuple a poursuivi ses efforts pour sortir de la pauvreté et recouvrir sa dignité. Il n'a pu bénéficier du soutien de tous ceux à qui il a tant donné. Certains d'entre eux l'ont accompagné. D'autres, au contraire s'allièrent à ses pires exploiteurs pour continuer à le dépouiller de ses richesses.
Pour notre part, nous espérions l'aider à mieux orienter son combat par nos choix lors des élections présidentielles de 2006, des élections législatives de 2007 et des élections communales commencées en mars 2008 et dont nul ne peut prédire la date d'achèvement. Ce fut la raison de notre mobilisation au cours de ces échéances. Ce fut la raison des choix politiques et tactiques que nous avions opérés afin de doter notre pays d'institutions crédibles qui garantissent la pérennité et le renforcement de la démocratie.
Les alliances que nous avions conclues avec d'autres forces politiques et sociales nous ont permis d'atteindre certains de nos objectifs. Il en a été ainsi de notre opposition à une révision de la Constitution, de notre volonté de constituer un groupe politique déterminant à l'Assemblée nationale et de notre souhait de sauvegarder l'autonomie politique et de gestion des plus grandes villes par rapport au pouvoir central.
Ces victoires ne sauraient cependant masquer notre erreur d'appréciation lors du second tour des élections présidentielles en 2006. Alors que nous pensions ouvrir de nouvelles perspectives à notre pays à travers la signature d'un accord politique engageant, nous n'avons pu rien faire d'autres que de réserver ce précieux document aux générations futures en l'envoyant aux archives. Cet exercice nous a cependant instruis quant aux dispositions à prendre pour un partenariat politique crédible.
A présent, nous connaissons mieux les limites des accords conclus dans la précipitation avec des candidats en quête de suffrage et prêts à toutes les reptations qu'appelle la dernière marche du pouvoir.
Nous connaissons la fugacité des programmes de campagne et leur opportunisme en ce qu'ils sont destinés à séduire l'électeur et non à servir de guide de l'action.
D'expérience, nombre de nos concitoyens savent maintenant que s'agglutiner autour d'une personnalité solitaire et s'ingénier à décliner sa vision solitaire conduit à l'impasse.
Nous savons maintenant l'utilité des partis politiques dans la définition et la conduite d'une politique cohérente de développement et dans la constitution d'équipes soudées et solidaires comme aux Etats-Unis et au Ghana.
Nous reconnaissons maintenant la nécessité d'utiliser les partis politiques pour former nos futurs dirigeants afin de les armer contre l'ivresse du pouvoir et les préparer aux exigences de son exercice démocratique.
Nous savons maintenant que les grandes nations ont eu raison d'asseoir la démocratie sur des institutions solides, indépendantes de tous les pouvoirs et garantes de la stabilité des textes fondamentaux et des règles du jeu démocratique.
C'est parce que nous partageons ces enseignements avec d'autres formations politiques que nous nous sommes engagé avec elles dans l'aventure d'édification d'une puissante force de gouvernement. Membre du groupe G et F, le Parti Social Démocrate participe avec enthousiasme à cette initiative pleine de promesses. Il analyse en toute lucidité les difficultés qui surgissent sur ce parcours avec la conviction que ce groupe et ses composantes recèlent les ressources nécessaires à leur résolution.
Fort des expériences vécues, le Parti Social Démocrate se réjouit de l'ampleur des débats en cours au sein du groupe et qui dessinent progressivement les contours d'un programme d'action et en précisent les conditions de réalisation. C'est autour de ce programme que se réalisera le rassemblement et non autour d'un homme providentiel. C'est la capacité de l'un d'entre nous à animer le groupe et à traduire ses aspirations qui en fera son candidat aux élections présidentielles et son porte drapeau.
En 2011, nous solliciterons le peuple pour qu'il confie le pouvoir non à un homme solitaire mais à une équipe. Nous nous engagerons sur un Programme porté par un groupe qui en garantit la pérennité et non sur une vision dont l'application dépend de l'humeur de son unique géniteur. L'important demeure notre commune volonté d'asseoir notre collaboration sur des bases claires qui évitent les errements dont nous sommes hélas témoins depuis quelques années de part du Pouvoir actuel.
Une telle démarche s'impose d'autant plus que celles et ceux que nous avions invité à soutenir l'actuel Chef de l'Etat nous interrogent sur les engagements pris. A juste titre, ils nous rendent responsables des dérives politiques actuelles, de la gestion hasardeuse du pays, des incessantes fuites en avant avec leurs conséquences sur leur vie. Pendant ce temps, c'est la campagne électorale, ouverte de façon précoce le 6 avril 2006, qui inspire toutes les actions du gouvernement. Le Chef de l'Etat en vient même à raccourcir son mandat par la présentation chaque jour du bilan achevé de ses quarante mois de gestion et à ne s'intéresser qu'au prochain quinquennat. Ecoutez les discours, observez les visites de terrain, soyez attentifs à la soudaine sollicitude des dirigeants généreux envers les populations: quand vous voyez ces signes, sachez que l'évènement approche.
Camarades congressistes et chers amis,
Notre combat ne s'arrêtera pas en 2011. Ceux qui n'ont que des visées électorales ont déjà déserté nos rangs. Mercenaires politiques et chercheurs de trésor, ils sont partis offrir leur service au Pouvoir qui les utilise à de basses besognes en attendant de trouver mieux. Déçus de n'avoir pas amassé des biens à la hauteur et à la vitesse de leur appétit vorace, ils animent un vacarme médiatique nécessaire à leur survie. Nous n'avons donc• pas perdu des militants mais nous nous sommes épurés de ceux qui ne partageaient pas les mêmes ambitions que nous. Nous avons gagné en cohésion, en militantisme et en engagement sincère pour le bonheur des populations.
Aussi voudrions-nous lancer un appel à la jeunesse pour qu'elle nous rejoigne dans notre démarche novatrice pour l'émergence des leaders politiques de demain. Les G. et F. offrent à tout un chacun l'opportunité de participer à une œuvre de modernisation de l'activité politique, de rénovation du débat politique et de régénération de la classe politique. Quoi de plus exaltant qu'un engagement désintéressé au service des valeurs de solidarité, d'intégrité et de dévouement à la cause du peuple.
A l’issue de ce congrès, chaque militant du Parti Social Démocrate doit organiser, dans son entourage, une active campagne d'explication de notre programme politique et des conclusions de nos travaux. Elargir les bases du Parti constitue désormais le principal critère d'évaluation de notre engagement. Peu importe le moment de notre adhésion au Parti car l'ancienneté ne saurait servir de base à l'appréciation de nos performances politiques.
Camarades congressistes et chers amis,
Nous pouvons redonner l'espoir perdu à notre peuple.
Nous en avons la capacité et les moyens.
Nous en avons la volonté.
Nul doute que la victoire sera à nous.
Je déclare ouvert le deuxième congrès ordinaire du Parti Social Démocrate.
Vive le Parti Social Démocrate.
Vive les G. et F.
Vive l’Internationale Socialiste.
Vive le Bénin.

lundi 29 juin 2009

Entretien avec Bruno Amoussou, ancien Pdt de l’Assemblée nationale du Bénin... lequotidien.sn

Entretien avec Bruno Amoussou, ancien Pdt de l’Assemblée nationale du Bénin: «Il ne faut pas changer les règles du jeu au cours du jeu»
Bruno Amoussou, Secrétaire général du Parti social démocrate (Psd), ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin, arrivé en troisième position lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2006, avait appelé à voter Boni Yayi lors du second tour.


Quelques mois après, il entre en désaccord avec le Président élu et s’allie avec des partis de l’opposition et l’ancien Président Nicéphore Soglo. M. Amoussou parle ici des menaces qui planent sur la démocratie béninoise, livre ses impressions sur le projet des Etats-Unis d’Afrique. De passage à Dakar lors la dernière réuni­on de l’International socialiste, il en a profité pour présenter son ouvrage l’Afrique mon combat.

En 2006, vous aviez soutenu le Président Boni Yayi lors du deuxième tour de l’élection présidentielle. Quelques mois après, vous êtes passé dans l’opposition en dénonçant le recul de la démocratie au Bénin. Quels sont les faits qui sous-tendent votre position ?
Dans les débats de la conférence à laquelle je participe ici, je vois que beaucoup se réfèrent au cas béninois comme un exemple de démocratie. Alors je dis : «Vivement, que Dieu les entende et que ce qu’ils disent soit vrai pour longtemps encore.» Parce qu’il y a des menaces réelles sur l’avenir de la démocratie au Bénin. Les nouvelles autorités veulent, par une démarche forcée, prendre le contrôle des institutions du pays et discipliner ou normaliser la démocratie afin qu’elle rentre dans le moule de qui se passe en général dans les pays africains. Et ce que vous considérez comme la spécificité béninoise est en train d’être attaqué fortement. La lutte que je mène au Bénin avec d’autres forces politiques n’est nullement orientée contre le régime du Président Boni Yayi. Chaque fois que quelqu’un voudra modifier les règles du jeu qui lui ont permis d’accéder au pouvoir, dans le but d’empêcher d’autres d’en bénéficier, je le combattrai. Il ne faut pas changer les règles du jeu en cours du jeu. Donc, le combat que nous menons est pour la pérennité des normes démocratiques dans le pays.

Donnez quelques exemples de menaces qui planent sur la démocratie…
Des exemples, il y en a à foison. Tout dernièrement, un ministre du gouvernement en meeting politique dans sa région a déclaré : «Je veux affirmer haut et fort que si quelqu’un vient parler ici, d’une autre personne que le président de la République, il aura à faire aux populations d’ici.» Et pis, il n’y a eu aucun commentaire officiel sur ces propos. Lorsque les gens ont commencé à dénoncer ce discours, le porte-parole du gouvernement a tenté de banaliser. Mais en réalité, c’est extrêmement grave, parce que c’est une menace pour l’unité nationale. Lorsqu’on peut interdire aux citoyens d’aller dans telle ou telle autre localité, parler des personnalités politiques de leur choix, ne trouvez-vous pas que c’est suffisamment préjudiciable à la stabilité du pays ?
Un autre exemple : depuis mars 2008, nous avions fait les élections locales, et jusqu’à présent, nous n’avons pas encore fini d’avoir les résultats et d’installer les maires. Cette situation perdure parce que le gouvernement s’oppose à l’installation de certains maires, en violation de toutes les lois en la matière. Nous considérons que c’est une menace grave pour la démocratie. Lorsque c’est le gouvernement lui-même qui s’oppose à l’application des lois, il n’y a plus de repères ; ce qui peut engendrer la dérive. Même avant cette étape, le gouvernement voulait faire reporter les élections prétextant qu’il n’avait pas les moyens pour les organiser. C’est seulement à quelques jours du vote que l’argent a été débloqué et les choses se sont faites dans la précipitation. Ces éléments constituent des turbulences politiques nouvelles que le pays n’avait jamais connues.
D’autre part, la Cour constitutionnelle prononce des décisions qui ne sont pas facilement intelligibles. Par exemple, elle demande à l’Assemblée nationale de tenir compte désormais de la majorité et de la minorité avant de désigner à l’avenir les membres qui doivent la représenter dans les institutions. Cela est nouveau parce que la Cour elle-même n’a pas été installée sur cette base. Tous les membres qui y siègent sont de la mouvance présidentielle. Maintenant que les choses ont changé au parlement, elle estime que, pour les autres institutions, il faut changer les règles du jeu. Et ses décisions sont sans recours. Je ne dis pas qu’elle a mal fait, seulement, ses arrêts ne sont pas facilement intelligibles. On ne comprend pas toujours et c’est pour tout cela que nous disons qu’il y a de gros risques pour notre démocratie. Ce sont là quelques exemples, sinon, ma liste est très fournie et je peux encore vous en donner.
Pour ce qui concerne les déclarations incendiaires du ministre, l’Assemblée nationale a interpellé le chef de l’Etat, encore chef du gouvernement, afin qu’il vienne s’expliquer devant les députés sur l’attitude de son serviteur. On l’a aussi convoqué parce qu’il est censé être le garant de l’unité nationale.

En 2011, il y aura de nouvelles élections présidentielles au Bénin. Et on sait que, les grands acteurs politiques sont actuellement en opposition au Président Boni. Prévoyez-vous présenter un candidat unique pour lui ? Aussi Abdoulaye Bio Tchané l’actuel président de la Boad s’annonce. Une alliance avec lui pour faire échouer votre adversaire commun est-elle possible ?
Nous nous efforçons de dégager un candidat pour les partis qui constituent ce qu’on appelle, chez nous, l’opposition non déclarée. Et cela, parce qu’on n’est pas allé revendiquer des titres d’opposants au ministère de l’Intérieur. Le vocabulaire consacré pour nous désigner, c’est «opposition non déclarée» ; mais cela ne gène personne, parce que si ce que nous disons est accepté par les populations, ce n’est pas une déclaration qui changera quelque chose. Le plus important, c’est le combat politique que nous menons. Au Bénin, nous nous battons pour un rassemblement des forces politiques de l’opposition afin d’avoir un candidat unique à l’élection présidentielle et une seule liste aux élections législatives puisque les deux scrutins se dérouleront presque au même moment. Le processus de désignation de ce candidat n’a pas encore abouti ; nous y sommes et dans les mois à venir, on va y arriver. Je suis très optimiste par rapport à ce point-là.
Que Abdoulaye Bio Tchané, l’actuel président de la Boad se lance dans la course, c’est une bonne chose. On verra bien au moment venu, quel arbitrage faire pour que nous ayons un nombre raisonnable de candidats à la Présidentielle.

Parlons un peu des questions africaines. Que pensez-vous du projet du gouvernement africain ?
D’abord sur la question du gouvernement africain, je suis désolé de voir que le débat est biaisé par le Président Kadhafi. C’est celui qui en parle le plus, mais il le fait dans des conditions qui personnalisent le sujet et le dévient de l’essentiel. Comme le Président Nkrumah du Ghana qui rêvait d’un gouvernement continental, aujourd’hui comme hier, c’est un objectif que nous devons atteindre nécessairement. Mais, il faut du cheminement pour y arriver, je suis de ceux qui pensent qu’il faut passer par les uni­ons régionales. Nous devons commencer par des uni­ons régionales, avant d’aboutir à un gouvernement continental. Cela n’empêche que nous puissions avoir des structures au niveau du continent qui nous permettront d’harmoniser nos points de vue. De façon opérationnelle, même si nous voulons aller assez vite, nous ne pouvons pas faire l’économie de l’étape régionale. Et lorsque j’assiste à des congrès, je me rends bien compte qu’il y a quand même une homogénéité de points de vue en Afrique de l’Ouest sur cette option. Je regrette qu’au niveau de l’Uni­on africaine, les débats prennent des allures très passionnelles et que l’intérêt majeur des peuples semble être relégué au second plan.
Mais avec le développement actuel de la situation dans le monde, cela nous poussera à aller plus vite que nous pensons le faire aujourd’hui. Et c’est cela qui me donne de la confiance.

Le Niger, un pays voisin du Bénin, traverse depuis un bon moment, une crise politique liée à la prochaine élection présidentielle. Quelle lecture en faites-vous ?
Je suis très préoccupé en tant que voisin du Niger, mais aussi, démocrate. Honnêtement, je ne comprends pas très bien la démarche du Président Tandja. Je le connais bien ; nous avions eu beaucoup des discussions ensemble, mais je ne peux pas cacher ma surprise de voir la direction dangereuse dans laquelle il engage son pays. Il a contribué, comme d’autres, à améliorer la situation économique et politique au Niger. Je souhaite que ce ne soit pas de son fait que le pays entre dans une zone de turbulence dont l’issu reste à déterminer. C’est pour cela que j’appelle tous les démocrates qui peuvent agir, d’intervenir au Niger pour que le Président Tandja revienne à ce que j’ai toujours admiré en lui. C’est quelqu’un qui est non seulement soucieux de l’intérêt du Niger, mais aussi, de la cohésion de notre sous-région.

Par ailleurs, sur le continent, la nouvelle trouvaille des dirigeants, c’est qu’ils se battent pour se faire succéder par un fils ou un proche immédiat. Comment interprétez-vous ce fléau ?
C’est parfois une question de recherche de sécurité en pensant s’assurer la protection de son successeur après une gestion douteuse. C’est la raison qui pousse les gens à se battre pour être nécessairement remplacés par des proches : un fils, un frère, un cousin ou quelqu’un du même clan religieux ou politique. Il faut réfléchir sur la manière dont nous devons conduire la gouvernance de nos pays pour que ceux qui quittent le pouvoir puissent continuer à se promener tranquillement sans aucune inquiétude, avec le sentiment du devoir bien accompli. Les anciens Présidents des Etats-Unis vont et viennent sans problème ; ceux de la France sont aussi libres. Quelques uns au Bénin ne craignent rien. Souhaitons qu’il en soit ainsi partout dans nos sous-régions. Si nous arrivons à cette situation, on aura un continent un peu plus apaisé.

La mort du Président gabonais Omar Bongo a relancé le débat sur la Françafrique. Etes-vous de ceux qui pensent que c’est la fin de ce système ?
La disparition du Président Bongo a donné lieu à toutes sortes de débats sur ce qu’on a appelé la Françafrique. Il est intéressant de voir que les discussions se déroulent aussi bien en Afrique qu’en France. C’est très intéressant qu’il en soit ainsi. Le Président Giscard d’Estaing a accusé Chirac ; tout comme en Afrique, il y des débats à différents niveaux sur les relations entre la France et ses anciennes colonies. Je souhaite que, dans le cadre de la régénération de la pensée politique en Afrique, nous les fils du continent, repensions nos relations avec les anciennes puissances coloniales. Si l’occasion du décès du Président Bongo peut nous permettre de revoir ces relations, ce sera très utile pour nous.

Propos recueillis par Rudolph KARL - karl@lequotidien.sn

lundi 22 juin 2009

« L’AFRIQUE EST MON COMBAT » DU BENINOIS BRUNO AMOUSSOU


Une contribution pour une Afrique démocrate et fédérale.

Arrivé au Sénégal pour assister à la réunion du comité Afrique de l’international socialiste(Is), qui s’est ouverte ce vendredi 19 juin, le Béninois Bruno Amoussou a présenté son livre intitulé « L ’Afrique est mon combat » à la presse Sénégalaise et internationale le lendemain, Samedi 20 Juin au Just 4 U.


L’ouvrage de 128 pages retrace le parcours politique de l’auteur d’une part et son engagement pour le fédéralisme et la démocratie du continent noir d’autre part.


Le leader du parti social- démocrate(PSD) du Bénin, Bruno Amoussou se veut pour une Afrique démocratique et fédérale dans son ouvrage « L’Afrique est mon combat », présenté ce Samedi 20 juin 2009 au public Sénégalais et international. L’homme politique Béninois demeure plus que jamais convaincu que le l’optique du fédéralisme de l’Afrique, longtemps prôné par des fils, notamment le Ghanaéen Françis Kwamé Nkrumah, le Guinéen Sékou Touré, Léopold Sédar Senghor …, est la meilleur voie à suivre pour sortir l’Afrique des problèmes qui entravent son épanouissement. « Tous ces personnages, non moins responsables de mouvements panafricanistes ont très tôt compris la nécessité de l’unité Africaine. En ce qui concerne le chômage des jeunes, cet effacement des frontières constituera un atout favorable au mouvement des personnes et des biens » a souligné M. Amoussou

Ce député à l’Assemblée Nationale Béninoise, retraçant son parcours scolaire et politique dans son livre, prône pour une Afrique libre et indépendante bâtie sous un Etat solide avec des institutions au service des peuples, seuls souverains. Selon lui, le développement de l’Afrique ne peut se réaliser dans cette balkanisation, mais plutôt le contraire. Toutefois, a t-il soutenu, « ce projet doit passer passer impérativement par l’intégration sous-régionale, politique et économique comme le cas de la CDEAO. Le défi à relever commande à ce que chaque sous – région retourne dans la solidarité, l’union politique et économique pour une Afrique riche et prospère ».

Au sujet de la démocratie dans les pays africains, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin de (1995- 1999), puis ministre d’Etat, chargé du plan et du développement jusqu’en 2005 s’est dit préoccupé par la situation qui prévaut dans son pays, le Bénin. « Au Bénin, la démocratie est fortement menacée. Les autorités cherchent à monopoliser toutes les institutions ». a-t-il renseigné.

Avant de poursuivre « Vous imaginez que les gouvernants imaginent des choses pour changer les règles qui leur ont permis d’accéder au pouvoir, d ans le seul but d’empêcher les autres politiciens la conquête de ce même pouvoir. Qu’un ministre en fonction menace dans une région que les gens parlent des autres autorités politique que le Président Yayi Boni seulement. C’est un indice d’autoritarisme » s’est t-il indigné. Exprimant sa profonde inquiètude sur l’attitude du Président Mamadou Tandja du Niger qui imagine des« combines » pour modifier la constitution pour se présenter à un troisième mandat, M. Amoussou s’est dit préoccupé, surpris de voir cette direction dangereuse dans laquelle le Président Tandja veut mener le pays.

par Youssouph BADJI | SUD QUOTIDIEN