Au nom des militants du Parti Social Démocrate ici réunis en congrès et des membres de sa direction, je vous remercie de nous honorer de votre présence et de venir ainsi nous soutenir et nous encourager dans la dure bataille que nous menons, depuis deux décennies, au côté de notre peuple et de ceux d'autres contrées d'Afrique et du monde.
Cette marque d'attention n'est en réalité que la manifestation de la convergence de notre engagement à agir dans la société pour en améliorer les règles de fonctionnement et surtout pour y faire triompher la solidarité que menacent chaque jour l'égoïsme, la compétition débridée, la gloutonnerie matériel et la vacuité spirituelle.
Dans un monde où la nécessaire compétition n'a plus d'autres finalités que la mise à mort des plus faibles et l'engraissement continu et sans limite des plus forts, en cette période où le producteur s'appauvrit alors que le spéculateur financier et commercial s'enrichit, il est heureux de découvrir des femmes et des hommes qui ne recherchent pas seulement l'accumulation et l'exhibition des seuls biens matériels mais oeuvrent pour la promotion de valeurs qui distinguent l'espèce humaine des autres êtres vivants.
Nous sommes donc heureux de pouvoir dialoguer avec vous, dans la reconnaissance et le respect par conséquent des différences, afin de découvrir ce qui nous empêche d'emprunter les chemins du progrès et ce qui nous ramène toujours• à la case de départ chaque fois que nous pensons avoir pris l'envol.
Merci donc de venir nous aider, par vos messages et vos suggestions, à revisiter notre propre parcours afin de mieux contribuer, à vos côtés, à la définition et à la promotion d'une nouvelle politique que nos populations appellent de leurs vœux.
Camarades congressistes et chers amis,
Depuis notre dernier congrès, bien des évènements ont façonné le contexte dans lequel nous avons évolué, tant au plan international que national. Parmi les plus marquants, nous voudrions retenir les questions relatives à la sécurité qui ont acquis une nouvelle dimension depuis l'attaque terroriste du Il septembre 2001 aux Etats Unis. Cet évènement, d'une gravité extrême, a malheureusement servi parfois de prétexte à l'interventionnisme de plus en plus marqué des grandes puissances et mis à mal le développement économique de bien des Etats à travers le monde. L'occupation de l'Irak en est un exemple.
Durant la même période, nous notons des progrès sensibles dans le renforcement de la coopération entre les pays développés qui ont réussi à éliminer les foyers de tension qui les opposaient au siècle passé. De ce point de vue, la construction de l'Europe constitue un évènement majeur qui façonne l'espace planétaire et modifie de façon profonde la géopolitique mondiale. '
Un nouvel ordre mondial s'établit sous nos yeux. De gré ou de force, tous les pays du monde participent à une gouvernance planétaire, les uns l'orientant en fonction de leurs intérêts et les autres la subissant sans réaction comme l'actuelle crise financière le confirme. Dans ce contexte, l'Afrique ne donne malheureusement que de très faibles signaux d'une prise de conscience qui ouvrirait de réelles perspectives de développement.
Plus particulièrement dans notre sous région, chaque pays s'enferme dans ses frontières et croit pouvoir trouver des solutions à ses difficultés. La salutaire intégration politique n'est nullement à l'ordre du jour des débats politiques alors qu'elle seule peut nous ouvrir les portes du développement dans ce monde dominé par de grands ensembles économiques et politiques.
Dans notre pays, la situation actuelle n'est donc pas une fatalité mais le résultat de l'action des animateurs de la vie publique que nous sommes. Ces dernières décennies, notre peuple a poursuivi ses efforts pour sortir de la pauvreté et recouvrir sa dignité. Il n'a pu bénéficier du soutien de tous ceux à qui il a tant donné. Certains d'entre eux l'ont accompagné. D'autres, au contraire s'allièrent à ses pires exploiteurs pour continuer à le dépouiller de ses richesses.
Pour notre part, nous espérions l'aider à mieux orienter son combat par nos choix lors des élections présidentielles de 2006, des élections législatives de 2007 et des élections communales commencées en mars 2008 et dont nul ne peut prédire la date d'achèvement. Ce fut la raison de notre mobilisation au cours de ces échéances. Ce fut la raison des choix politiques et tactiques que nous avions opérés afin de doter notre pays d'institutions crédibles qui garantissent la pérennité et le renforcement de la démocratie.
Les alliances que nous avions conclues avec d'autres forces politiques et sociales nous ont permis d'atteindre certains de nos objectifs. Il en a été ainsi de notre opposition à une révision de la Constitution, de notre volonté de constituer un groupe politique déterminant à l'Assemblée nationale et de notre souhait de sauvegarder l'autonomie politique et de gestion des plus grandes villes par rapport au pouvoir central.
Ces victoires ne sauraient cependant masquer notre erreur d'appréciation lors du second tour des élections présidentielles en 2006. Alors que nous pensions ouvrir de nouvelles perspectives à notre pays à travers la signature d'un accord politique engageant, nous n'avons pu rien faire d'autres que de réserver ce précieux document aux générations futures en l'envoyant aux archives. Cet exercice nous a cependant instruis quant aux dispositions à prendre pour un partenariat politique crédible.
A présent, nous connaissons mieux les limites des accords conclus dans la précipitation avec des candidats en quête de suffrage et prêts à toutes les reptations qu'appelle la dernière marche du pouvoir.
Nous connaissons la fugacité des programmes de campagne et leur opportunisme en ce qu'ils sont destinés à séduire l'électeur et non à servir de guide de l'action.
D'expérience, nombre de nos concitoyens savent maintenant que s'agglutiner autour d'une personnalité solitaire et s'ingénier à décliner sa vision solitaire conduit à l'impasse.
Nous savons maintenant l'utilité des partis politiques dans la définition et la conduite d'une politique cohérente de développement et dans la constitution d'équipes soudées et solidaires comme aux Etats-Unis et au Ghana.
Nous reconnaissons maintenant la nécessité d'utiliser les partis politiques pour former nos futurs dirigeants afin de les armer contre l'ivresse du pouvoir et les préparer aux exigences de son exercice démocratique.
Nous savons maintenant que les grandes nations ont eu raison d'asseoir la démocratie sur des institutions solides, indépendantes de tous les pouvoirs et garantes de la stabilité des textes fondamentaux et des règles du jeu démocratique.
C'est parce que nous partageons ces enseignements avec d'autres formations politiques que nous nous sommes engagé avec elles dans l'aventure d'édification d'une puissante force de gouvernement. Membre du groupe G et F, le Parti Social Démocrate participe avec enthousiasme à cette initiative pleine de promesses. Il analyse en toute lucidité les difficultés qui surgissent sur ce parcours avec la conviction que ce groupe et ses composantes recèlent les ressources nécessaires à leur résolution.
Fort des expériences vécues, le Parti Social Démocrate se réjouit de l'ampleur des débats en cours au sein du groupe et qui dessinent progressivement les contours d'un programme d'action et en précisent les conditions de réalisation. C'est autour de ce programme que se réalisera le rassemblement et non autour d'un homme providentiel. C'est la capacité de l'un d'entre nous à animer le groupe et à traduire ses aspirations qui en fera son candidat aux élections présidentielles et son porte drapeau.
En 2011, nous solliciterons le peuple pour qu'il confie le pouvoir non à un homme solitaire mais à une équipe. Nous nous engagerons sur un Programme porté par un groupe qui en garantit la pérennité et non sur une vision dont l'application dépend de l'humeur de son unique géniteur. L'important demeure notre commune volonté d'asseoir notre collaboration sur des bases claires qui évitent les errements dont nous sommes hélas témoins depuis quelques années de part du Pouvoir actuel.
Une telle démarche s'impose d'autant plus que celles et ceux que nous avions invité à soutenir l'actuel Chef de l'Etat nous interrogent sur les engagements pris. A juste titre, ils nous rendent responsables des dérives politiques actuelles, de la gestion hasardeuse du pays, des incessantes fuites en avant avec leurs conséquences sur leur vie. Pendant ce temps, c'est la campagne électorale, ouverte de façon précoce le 6 avril 2006, qui inspire toutes les actions du gouvernement. Le Chef de l'Etat en vient même à raccourcir son mandat par la présentation chaque jour du bilan achevé de ses quarante mois de gestion et à ne s'intéresser qu'au prochain quinquennat. Ecoutez les discours, observez les visites de terrain, soyez attentifs à la soudaine sollicitude des dirigeants généreux envers les populations: quand vous voyez ces signes, sachez que l'évènement approche.
Camarades congressistes et chers amis,
Notre combat ne s'arrêtera pas en 2011. Ceux qui n'ont que des visées électorales ont déjà déserté nos rangs. Mercenaires politiques et chercheurs de trésor, ils sont partis offrir leur service au Pouvoir qui les utilise à de basses besognes en attendant de trouver mieux. Déçus de n'avoir pas amassé des biens à la hauteur et à la vitesse de leur appétit vorace, ils animent un vacarme médiatique nécessaire à leur survie. Nous n'avons donc• pas perdu des militants mais nous nous sommes épurés de ceux qui ne partageaient pas les mêmes ambitions que nous. Nous avons gagné en cohésion, en militantisme et en engagement sincère pour le bonheur des populations.
Aussi voudrions-nous lancer un appel à la jeunesse pour qu'elle nous rejoigne dans notre démarche novatrice pour l'émergence des leaders politiques de demain. Les G. et F. offrent à tout un chacun l'opportunité de participer à une œuvre de modernisation de l'activité politique, de rénovation du débat politique et de régénération de la classe politique. Quoi de plus exaltant qu'un engagement désintéressé au service des valeurs de solidarité, d'intégrité et de dévouement à la cause du peuple.
A l’issue de ce congrès, chaque militant du Parti Social Démocrate doit organiser, dans son entourage, une active campagne d'explication de notre programme politique et des conclusions de nos travaux. Elargir les bases du Parti constitue désormais le principal critère d'évaluation de notre engagement. Peu importe le moment de notre adhésion au Parti car l'ancienneté ne saurait servir de base à l'appréciation de nos performances politiques.
Camarades congressistes et chers amis,
Nous pouvons redonner l'espoir perdu à notre peuple.
Nous en avons la capacité et les moyens.
Nous en avons la volonté.
Nul doute que la victoire sera à nous.
Je déclare ouvert le deuxième congrès ordinaire du Parti Social Démocrate.
Vive le Parti Social Démocrate.
Vive les G. et F.
Vive l’Internationale Socialiste.
Vive le Bénin.
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