L’inoxydable Amoussou
Bruno Amoussou rempile à la tête du Parti social démocrate. Sans surprise, le Psd a reconduit son leader naturel pour gérer son destin. La mise à l’écart du renard aura été un cataclysme politique, une vraie révolution. Le Psd a préféré enterrer l’incertitude grossissante sous la cendre de la polémique. Depuis toujours, le président de ce parti a été proclamé seul homme capable de faire bouger les lignes. Le deuxième congrès ordinaire a validé le mythe Amoussou. L’homme pouvait d’ailleurs s’exciper du soutien de l’opinion au Psd. Et cette opinion n’a pas omis de mouler le choix des congressistes. Le Psd a appris à vivre avec le dadjè national, à obtenir de grandes victoires politiques sous son parapluie, à hurler maintenant les dérives du changement et à brûler les vaisseaux cauris.
Cette élection de Bruno Amoussou dégage à première vue un parfum d’inachevé, puisque l’homme forclos pour la présidentielle aurait dû passer le témoin et donner le pouvoir à la relève. Ainsi, les compagnons longtemps soumis à l’apprentissage et coincés dans un second rôle devraient profiter du retrait du prélat et dire la messe. Le nouveau sermon sera conçu pour justifier leur maturité. Mais l’ouverture de l’ère post Amoussou est avortée et le Psd, cimenté dans le réflexe du renard va encore coller à ses habitudes de glapissement et confier son souffle à son leader.
La décision de Bruno Amoussou de prolonger son séjour sur les cimes du Psd n’est politiquement pas aussi gratuite que n’affichent les tendances superficielles et la glose développée sous le parrainage de la banalité. Le président du Psd ne pouvait abandonner le navire dans cette période de turbulence politique. C’est lui qui donne du souffle et de l’espoir à ses partisans dans les combats politiques. Comme Rosine Soglo, elle aussi septuagénaire, Amoussou a engrangé une impressionnante expérience politique dont a besoin le Psd pour les cruciales joutes de 2011. Le Couffo, fief du renard, n’a jusqu’ici pas démenti cette réputation même si de timides percées des adversaires politiques de l’ancien président de l’Assemblée nationale font babiller certains ambitieux.
En décidant de se faire reconduire à la présidence du Psd alors que persistent les sirènes de la retraite, Bruno Amoussou dans son nouveau statut de non présidentiable en raison de l’âge interdit, a élégamment montré son attachement à ce Psd qui n’est en réalité qu’un de ses produits politiques. Le poste de président de la République n’apparaît plus comme la finalité de l’entreprise politique de Bruno Amoussou avec cette volonté du renard de continuer, même hors course, de garder l’étendard du Psd. Le renouvellement de l’engagement politique en faveur de l’épanouissement du parti le met d’emblée au cœur des grandes sensations.
Amoussou vient simplement de s’offrir des étoffes de leader tenace, ayant en grippe tout élan d’abdication dans le combat politique. Il a des atouts pour sauvegarder la mobilisation Psd dans le fief historique. Des atouts, mais aussi des arguments à faire valoir dans la croisade anti cauri des G et F. La présidence du Psd lui permet de conserver une notoriété politique dont l’effet sur la troupe devrait être utilisé pour décanter le cafouillage semé par les rumeurs servies dans les flacons des poisons politiques.
Et puis, Bruno Amoussou s’est fait élire sur le trône du Psd, un peu comme pour dire " je suis en forme et il faut compter avec moi pour 2011 ".
Sulpice Oscar GBAGUIDI du Journal Fraternité du 10 / 08 / 2009
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