mardi 12 mai 2009

Vient de paraître: « L’Afrique est mon combat » de Bruno Amoussou


« L’Afrique est mon combat », le livre de Bruno Amoussou paru aux éditions de l’Archipel a été présenté au public le samedi dernier. A la salle rouge du palais des congrès, d’éminentes personnalités se sont relayées pour porter leur regard sur ce témoignage de l’ancien président de l’assemblée nationale du Bénin, et leader du parti social démocrate. L’auteur relate à travers son histoire personnelle, celle du Dahomey, actuel Bénin.


« Une ancienne colonie en quête d’identité, de démocratie, et de modernisation » Le long de ces 207 pages, le lecteur chemine, pas seulement avec un leader politique mais avec un ami : Bruno Amoussou, très enjoué, l’humour alerte et généreux. « L’Afrique est mon combat » donne l’exemple aux autres responsables à divers niveaux. L’édifice historique national requiert les pages de chacun et de tous. A la suite de Adrien Houngbédji, et Emile Derlin Zinsou, Bruno Amoussou publie un livre. Lirons-nous bientôt les mémoires de Mathieu Kérékou et de Nicéphore Soglo ?

Présentation sommaire du livre par le professeur Antoine Déchénou

Une complicité
- Permettez-moi de violer la règle de l’objectivité qui devrait être la conduite du présentateur que je suis pour me faire un peu comme un confident (dans le théâtre classique, un confident c’est-à-dire un double de héros). Oui pour témoigner moi aussi, en quelques minutes. Car, toute cette époque décrite dans ce livre, tous ces événements qui ont eu pour théâtre le Dahomey, je les ai vécus aussi avec la même intensité.

L’originalité du livre
C’est à la demande de ses enfants que Bruno Amoussou a entrepris d’écrire ce livre. Ceux-ci voulaient savoir ce qu’a été la vie de leur grand-père, mais aussi celle de leur père. Mais ceux qui s’attendent à trouver dans ce livre le récit d’une vie, si du moins la vie signifie la totalité de la vie, seront bien déçus. Car si ce livre se veut une autobiographie, c’est une autobiographie d’un genre particulier.

Il ne s’inscrit pas dans la tradition des Essais de Montaigne, œuvre autobiographique où d’entrée de jeu, l’auteur affirme « Je suis moi-même la matière de mon livre ». Montaigne parlera de lui, de ses idées sur la vie, sur la mort, sur l’éducation. Mais en parlant de lui, Montaigne ajoute « Chaque homme porte en soi une forme entière de l’humaine condition ». En parlant de lui, Montaigne parle de l’homme. L’œuvre de Bruno Amoussou ne s’inspire pas des Essais.

. Les Confessions de Saint- Augustin sont une œuvre d’édification religieuse. Il s’agit d’abord de se confesser à Dieu. « Cette confession, je vous la fais, non avec des mots et des accents charnels, mais avec les mots de l’âme et le cri de la pensée qui connaît votre oreille ». C’est ensuite une confession aux hommes afin de les aider à entendre à leur tour cette parole de Dieu. « L’aveu de mes péchés de jadis, que vous avez remis et couverts, pour me donner le bonheur en vous, changeant mon âme par votre foi et votre sacrement, relève le cœur de ceux qui le lisent et l’entendent ; il les sauve du sommeil du désespoir, les éveille à l’amour de votre miséricorde, à la douceur de votre grâce, par quoi le faible devient fort et prend conscience de sa faiblesse »

Enfin un troisième sens de ce livre est qu’il s’agit de confesser la grandeur de Dieu. Les Confessions de Saint-Augustin sont une louange à Dieu.

Une toute autre intention anime Rousseau. Il écrit ses Confessions pour se justifier, parce que trop souvent calomnié ; il veut « qu’une fois on pût voir un homme tel qu’il est ». Il cherche à établir la vérité sur lui face aux médisances. Les Confessions de Rousseau sont une explication, un acte d’accusation de ceux qui le calomnient ; c’est aussi une apologie.

A l’évidence donc, le livre d’Amoussou Bruno ne se situe dans les genres : littéraires que nous venons d’examiner. Pas un traître mot de sa vie affective, de sa vie familiale. Mais ce livre est une autobiographie dans un sens précis. Il veut « reconstituer quelques événements dont j’ai été témoin et parfois l’un des protagonistes ». Il écrit donc pour témoigner. Il s’inscrit dans la lignée des chroniqueurs, des mémorialistes. Citant Maurice Druon, il dit« Le témoignage est l’acte final de notre mission, sa perfection au sens premier du terme ». Est parfait, non pas ce qui est beau, agréable mais ce qui est achevé, accompli. Le temps que nous appelons le parfait, en grec comme en latin, et que nous traduisons improprement par le passé simple. Oui, le parfait désigne l’aspect de l’action achevée. Perfection= qui est achevé, accompli. Un verbe est au parfait pour dire que l’action qu’il exprime s’est totalement achevée. C’est lorsque le potier a mis la dernière main à l’objet qu’il fabrique, lorsqu’il l’a achevé, lui a donné sa forme définitive, qu’il le rend parfait, achevé et donc beau. Cet ouvrage se veut donc un témoignage parce que « acte final » par lequel l’auteur rend compte du combat de sa vie.

Brève remarque sur la langue
Bruno Amoussou a toujours regretté de n’avoir pas appris le latin qui lui aurait permis « d’améliorer mes performances littéraires ». Mais la langue de ce livre, s’il n’est pas celui d’un latiniste n’a rien à envier au latiniste le plus averti. Le français, même issu du latin, reste le français. Heureuse méconnaissance du latin qui nous vaut un livre simple de lecture, exempt de tout pédantisme ; langue claire d’un ingénieur de la vieille école qui nous a enseigné ce que parler français veut dire.

Amour GBOVI
Journal FRATERNITE 11/05/09

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