Voici ce que Bruno Amoussou écrit à propos de l’ambassadeur de France :
Mes camarades et moi n’avions aucune confiance en ces jeunes cadres militaires. Nous les soupçonnions d’avoir agi sur instructions de puissances étrangères sans pouvoir déterminer le rôle respectif de la France et des Etats-Unis. Mon témoignage incitait à privilégier la piste française. L’ambassadeur de France, Guy Georgy et moi, avions dîné chez Mintening, le représentant de la Communauté économique européenne, le soir où il procéda à l’enlèvement du Chef de l’Etat déchu. Il quittait la table, partait en ville ou à son domicile, puis revenait, assez soucieux. Je saurai, plus tard, qu’il s’était rendu chez l’ambassadeur des Etats-Unis qui louait l’autre moitié de la résidence du président déchu. Là, se saisissant des haltères dans la salle de bains, il les lança contre la paroi de séparation, élargit l’orifice ainsi formé « sous l’œil inquiet, écrit-il, de mon collègue, et vis qu’il débouchait dans la garde-robe de Mme Soglo. Le temps de jouer au passe-muraille et de convaincre le président et sa femme que le salut était à ce prix, ces deux hauts personnages se trouvèrent dans l’ambassade des Etats-Unis, puis dans ma voiture qui stationnait dans la cour intérieure. Mon inséparable colonel avait pris quelques couvertures militaires pour dissimuler les fugitifs. Je laissai le soin à ce bon Clinton Knox de faire reboucher rapidement l’orifice et conduisis mes prises à l’ambassade de France».
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